Claude Gelée, dit Le Lorrain, Le Gué. Un lecteur m'a demandé de préciser de manière plus détaillée les contenus possibles du bonheur. En réalité, j'ai déjà répondu à cette question: Tout le monde connaît déjà les contenus concrets du bonheur [1] largement décrits par la littérature, le cinéma, ou la chanson : plaisirs, amour, amitié, activité épanouie, travail et loisirs riches et variés, culture, voyages, création [2] . Mais précisément, les joies quotidiennes que tout le monde connaît sont déjà l'image du bonheur possible, il reste que le bonheur n'est pas seulement l'accumulation de joies entrecoupées...
À propos de la préface du livre de Misrahi, "Traité du Bonheur, tome 2, éthique, politique et bonheur". Dans ce qu'écrit ici Misrahi dans ce texte qui date de 1983, il y a un problème technique qui sera réglé une dizaine d'années plus tard, dans "la jouissance d'être" notamment. Il est clair que Misrahi a raison quand il parle du "désir" tel qu'il le définit, c'est-à-dire, en termes spinozistes, un appétit conscient de lui-même. Je dirais même que le désir misrahien est appétit conscient d'être conscient de lui-même, dépassant alors Spinoza. Il s'agit ici du désir vécu par l'individu qui a déjà...
Le mot "histoire" évidemment ne désigne pas une sorte de divinité douée d'intentionnalité qui commanderait le destin des hommes et des sociétés, comme les Moires des Grecs ou les Parques des Romains. Le mot désigne la succession des événements dont l'enchainement obéit à une logique, voire à un déterminisme [1] , et donc d'une certaine manière un sens. Certains comme Hegel et Marx [2] (tout comme le judaïsme ou le christianisme) veulent y voir une direction cohérente vers une finalité prédéterminée et/ou prévisible [3] alors que d'autres y voient seulement la logique sans être certain que cela...
Deux émissions très intéressantes de "Avec Philosophie" peuvent compléter utilement mes travaux. La première concerne la question de Dieu chez Spinoza et Kant à travers Schelling, Jacobi et Mendelssohn. Tous alors avaient parfaitement compris l'athéisme de Spinoza. La seconde émission concerne l'hypothèse d'une politique morale. Dans les deux cas, les solutions apportées par Robert Misrahi sont nouvelles et cruciales face à la tradition kantienne toujours dominante. Mais encore faut-il, pour bien le comprendre, éviter les réponses trop caricaturales. Dans l'émission sur la religion, Luc Ferry explique...
Image: Michel Gritte, détail [1] . On entend souvent l'expression classique "penser par soi-même" utilisée à propos du fameux texte de Kant, "Réponse à la question: qu'est-ce que les lumières?" [2] bien expliquée dans cette émission. Robert Misrahi explique bien cela dans "Lumière Commencement Liberté", en 1969. Il en décrit les circonstances concrètes dans son autobiographie, "La Nacre et le Rocher". Mais surtout, il en développe à la fois les fondements logiques et phénoménologiques [3] , puis les conséquences éthiques et existentielles dans toute son œuvre. Ce processus est ce que Misrahi appelle...
Chacun aura compris que je développe ici ce qui constituera peut-être la base du tome 3 de mon livre "culture(s)" dont le titre provisoire pourrait être "délires, crise, libération". J'ai en effet des rapports de plus en plus tendus avec mes amis de gauche que j'appréciais toujours sur le plan humain malgré nos divergences d'opinion qui jusqu'à maintenant ne nous empêchaient pas de nous parler. Mais je constate cependant que de plus en plus les choses se crispent, mes interlocuteurs deviennent de plus en plus agressifs et certains décident même de rompre les relations. L'agressivité est toujours...
L'excellente émission Avec Philosophie nous a offert un épisode très intéressant à propos des séries télévisées et leur intérêt philosophique. Géraldine Muhlmann a bien montré à quel point les thématiques abordées dans ces productions était riches et variées et pouvaient être l'occasion d'une réelle réflexion philosophique [1] . C'est ce que j'explique moi-même également [2] à plusieurs reprises Hugo Clémot et Sandra Laugier soulignent l'intérêt des séries, en référence au philosophe américain Stanley Cavell. À cet égard, elle peuvent être "vecteurs d'émancipation". Mais Bertrand Cochard critique...
Violence à l'école: conséquence de la décivilisation
(Photo: Le Figaro) Ce matin, 8 avril 2024, un excellent éditorial dans Le Figaro: Répondre à la décivilisation. Effondrement de l'autorité. Il va falloir nous réapprendre, à nous, à vraiment punir… » La voix brisée à l’annonce de la mort de Shamseddine, jeune adolescent passé à tabac près de son établissement, le maire centriste de Viry- Châtillon n’a prononcé que quelques mots, lourds d’amertume, jetés sur nos écrans, avant de disparaître au sein du grand tourbillon médiatique. Quelques phrases sans emphase, susurrées plutôt qu’énoncées, hoquetées entre les larmes. Loin de la déclaration martiale,...
France 2 a diffusé récemment l'excellent film Un autre monde avec Vincent Lindon. Comme les autres films ou séries que j'analyse [1] , dont L'Horloger de St-Paul ou Mort d'un pourri, celui-ci nous montre à quel point la manière dont on conçoit l'économie et la politique a un retentissement redoutable sur les conditions d'existence. Il faudrait que les journalistes comprennent enfin que tout est lié, au lieu de saucissonner les programmes politiques en cases hermétiques. Oui, tout-est lié, dans L'Horreur économique que décrivait Viviane Forrester en 1996. C'est pourquoi seuls les programmes politiques...
Le texte suivant, trouvé sur Facebook, est un prolongement de ce que je décris dans mon livre à propos de la vacuité conformiste et de la prétention vaniteuse de beaucoup d'artistes [1] ou de pseudo-artistes qui vivent effectivement aux crochets [2] d'un public qu'ils méprisent souvent. En 1938, Frida Kahlo est venue à Paris. Voici comment elle parla d'André BRETON et des surréalistes, dans une lettre à son amant, le photographe Nikolas MURRAY : « Tu n’as pas idée du genre de salauds que sont ces gens. Ils me donnent envie de vomir. Je ne peux plus supporter ces maudits «intellectuels» de mes deux....